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The Canadian Nuclear FAQ  

by Dr. Jeremy Whitlock

www.nuclearfaq.ca

est paru la première fois en vol. 26, no 4 de bulletin de décembre Société Nucléaire Canadienne


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Pourquoi sommes-nous le «pays CANDU»?

par Jeremy Whitlock

«Le Canada est le pays CANDU» : Cette récente déclaration va tout simplement de soi. Compte tenu des milliards de dollars investis au cours des cinquante dernières années dans le développement d’une technologie tout aussi unique que la poutine ou les queues de castor, quel autre type de pays le Canada pourrait-il être?

C’est notre souris qui rugit sur la scène internationale, le David qui arrache des parts de marché à Goliath. C’est l’ouvrage de centaines de fabricants privés, l’emploi rémunéré de dizaines de milliers de personnes, et la source même de la découverte de la fission.

C’est la définition de notre régime de réglementation et la charpente de toutes les autres conceptions, des réacteurs de recherche de 10 MW, jusqu’aux réacteurs à eau sous pression de 1 600 MW : le réacteur CANDU fait partie intégrante de notre patrimoine culturel.

Nous avons même éliminé toute concurrence au pays à l’égard du réacteur CANDU : la Civilian Atomic Power Division (CAPD) de GE Canada, qui a célébré ses 50 ans en 2005, a construit le premier réacteur CANDU à Rolphton et lancé le marché d’exportation CANDU au Pakistan, avant d’abandonner le commerce de la construction de réacteurs. Dans les années 60, le pays ne pouvait se permettre deux fournisseurs de réacteur, et encore moins un fournisseur associé à une société mère américaine. (GE Canada a continué d’être un fournisseur de combustible pour les réacteurs CANDU).

Nous sommes donc «le pays CANDU», même s’il est peu probable que les Canadiens dans leur ensemble dépeignent leur nation de cette façon. En fait, la majorité des Canadiens n’ont sans doute que très peu entendu parler du réacteur CANDU, et parmi ceux-ci, nombreux ont dû l’associer à un artéfact des années 50 ou 60. Ils n’avaient pas tort, bien évidemment, mais la question n’est pas là.

Encore moins de personnes savent qu’à l’occasion de son centenaire, en 1987, la communauté des ingénieurs canadiens a déclaré que le réacteur CANDU était l’une des dix premières réalisations techniques de la nation depuis le début du siècle. Qu’il soit si peu renommé n’est pas un affront, étant donné que les Canadiens ne connaissent sans doute aucun des neuf autres lauréats.

Cela dit, si on leur posait la question, ils devineraient probablement deux d’entre eux : la voie ferrée de la Canadien Pacifique Limitée et la motoneige Bombardier. Les sept autres lauréats, qui ont tout autant de mérite, étaient les suivants : la Voie maritime du Saint-Laurent, le caoutchouc synthétique de la Société Polymer, le développement des sables bitumeux de l’Athabasca, le système de transmission à haute tension d’Hydro-Québec, l’aéronef Beaver de De Havilland, le satellite Alouette et le réseau téléphonique transcanadien.

Fait intéressant, si l’on menait un sondage sur les dix lauréats, neuf d’entre eux recevraient une approbation quasi unanime, tandis que la présence du réacteur CANDU sur cette liste soulèverait bien des controverses.

Autre fait intéressant, en 1999, la même communauté d’ingénieurs a édifié une nouvelle liste des cinq «réalisations techniques canadiennes les plus importantes» du XXe siècle, et aucun des dix lauréats de 1987 n’y est mentionné. En réalité, quatre des cinq premières réalisations étaient relativement récentes (le pont de la Confédération de l’î.-p.-é., Canadarm, IMAX et le nouveau projet du Col Rogers de la Canadien Pacifique Limitée). Le cinquième lauréat était le simulateur cardiaque Hopps, sélectionné d’après un sondage d’Angus Reid dans lequel il était classé parmi les cinq premières réalisations qui nous rendent «Fiers d’être Canadiens».

Lorsque les réacteurs CANDU feront dire aux enquêtés d’Angus Reid qu’ils sont «Fiers d’être Canadiens», nous deviendrons réellement le «pays CANDU».

En fait, plus les gens comprendront la technologie CANDU, plus ils s’apercevront qu’elle est l’expression même du Canada et de tout ce qui nous tient à cœur. Considérez ceci : bien qu’il repose sur l’une des conceptions de réacteur de puissance les plus larges, le réacteur CANDU est en fait un espace vide comblé par de petites poches d’activité isolée. Autrement dit, c’est une fédération de tubes de force composés de différents participants qui travaillent côte à côte (grâce au chargement du combustible bidimensionnel) pour assurer une plus grande harmonie.

Entre-temps, il faut contrôler les sous-modes spatiaux et assurer continuellement la protection de la région contre les risques de surpuissance. En fin de compte, c’est un concept qui procède de notions élémentaires pacifiques et non militaires, et un concept qui continue d’influer sur le changement mondial par des interactions à long terme subtiles (chemin faisant) plutôt que par une force brute.

Franchement, comment ne pas aimer cette technologie?


Discussion welcome.

©2011 Jeremy Whitlock


 
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